chez moi
Youpi ! L'école est finie





Youpiiiiiii !!!! quatorze jours, j'ai quatorze jours rien qu'à moi ! Moi avec moi, moi et mon clavier. Moi perdu dans mes pensées, obsédé par un mot rebelle, une virgule décorative comme une boule de trop sur un sapin surchargé.

Fini les cours ! Je les ai lâchés plus tôt, après une interro, les pauvres. Leur faire ça un vendredi. Je suis un gros sadique.

Ils ont bien essayé de négocier ! :
- M'sieur, on pourrait pas la faire à la rentrée ?!
Je réponds pas. J'ai bien entendu mais je fais semblant de rien. Jusqu'au plaintif :
- M'sieuuur, ça serait bien, on serait plus prêts, personne a eu le temps de réviser !

J'entends toujours rien sauf la petite larme de la fin. J'ai une maîtrise de moi qui m'étonne, car jusqu'à preuve du contraire, le prof, le maître, le dieu !, c'est moi. Bref des conneries de prof, mais qui aident parfois à éduquer ces jeunes qui préfèreraient boire une menthe à l'eau avec leur copain du moment qui sera plus le même demain, sont encore jeunes, plutôt que de se taper une interro surprise où ils sont sûrs de se ramasser, c'est vendredi, sont en roue libre, z'ont rien révisés, ne croient même pas ce qui leur arrive !, sauf moi. Fier d'avoir tout calculé comme il le fallait afin qu'ils apprênent les inconvénients de leur futur métier, en l'occurence l'imprévu, et me préparant néanmoins à d'autres plaintes, je continue à distribuer l'interro. Une facile pour qu'ils aient tous une bonne note. A part ceux qui le faisaient exprès, y en a, j'aimais bien les 12. C'est au-dessus de la moyenne, et au-dessous du super, c'est comme un encouragement à mieux faire, à poursuivre un effort que je ressens quand je corrige leurs devoirs, le moins souvent posssible, un cauchemar. Je partage leur angoisse, dans l'autre sens.

- Maaaaaais on nous l'a dit trop tard !!
- Voyez Agnès.
Diviser pour mieux régner. Le pied ! C'est tout ce que j'ai trouvé. A désigner à leur vindicte guerrière une proie facile, une responsable de la banane qu'ils vont prendre, aussi sûr que deux et deux font quatre. Je la plains.
- Elle nous l'a pas dit !!!
Agnès rouge comme une pivoine observe les petites taches sur la table qu'elle n'avait pas jamais vu aussi bien. Je le lui avais bien dit.
- M'sieeuuuuur, c'est pas juste...
encore des larmes qui pointent ! De vraies pisseuses. A ce stade de la conversation, je dois te dire qu'ils ont tous plus de 18 ans et qu'il y a 90% de filles.
- M'sieur ! C'est pas possible, j'ai pas ma calculette ! Pouvez pas nous faire ça aujourd'hui ?!!
Et c'est qu'elle y croirait ! Je me marre, à l'intérieur, pas le droit de changer de masque :
- Oui.

J'attends l'écho, rien. Mon oui aussi ferme et définitif devant la mutinerie qui gagne tous les rangs, y compris les deux studieuses obligées de rentrer dans la danse sous peine de représailles, est bien placé malgré mon fou-rire.

- Allez, c'est simple ! Je vous jure, y a pas de piège.
Des fois j'arrive à parler comme eux,
- On y va et dès que vous avez fini vous êtes libres.
- Non ????
Pas le genre du bahut. A priori je suis le seul à me foutre des horaires établis, comme le nourrisson du compte en banque que mamie a ouvert exprès à sa naissance pour couvrir des frais dont il se fout complètement.
- Si.
- Mais vraiment ?! Dès qu'on a fini ? me demande le cancre, ils sont  trois, qui se voit déjà sortir dans les deux minutes qui suivent, à peine plus histoire de rester poli.
- Si.

Je fais souvent court. D'abord parce que leur attention est aussi limitée que celle d'un chimpanzé. Voire moins. J'ai calculé que je ne devais pas dépasser trois, voire deux, phrases à la fois si je voulais avoir une chance de graver dans leur petit cerveau tout ce que j'avais à y mettre pour en faire de bons professionnels. Et puis parce qu'il faut savoir être concis quand on veut être obéi. Jamais de justification, surtout pas, bonjour les débats. Et le plus juste possible, telle est ma vision de mon boulot.

Je fais, j'affirme, si possible des trucs vrais et utiles, sans distinction ni favoritisme, et en n'oubliant personne. Fou comme il y en a qui disparaissent. Si. Des étudiantes que je ne vois pas pendant tout un cours tant elles ont l'art de s'effacer, de se camoufler, d'être partout ailleurs, dans les magasins ou avec le fiancé du jour, autre part qu'en cours. On en a parlé à midi d'ailleurs, c'est très dur à repérer un étudiant qui s'efface. Tu m'étonnes, il fait tout pour disparaître ! Jamais vu un gibier pareil. Même avec un satellite, j'suis pas sûr qu'on le trouverait. Histoire d'éviter qu'on les questionne, ou la gêne de devoir parler devant tout le monde ? Remarque, je comprends. Une classe c'est comme un théâtre. Une scène, un public, que je dois tenir en haleine jusqu'à quatre heures durant ! Quatre heures. Si on ne l'a jamais fait, on a du mal à se représenter ce que c'est quatre heures à captiver une salle, ne pas perdre leur attention, n'oublier personne. C'est épuisant. Et la partie impro est colossale. Je commence avec les grandes lignes, très grandes, parfois un mot, j'aime me foutre la trouille, et vogue la galère jusqu'à la sonnerie de l'entracte.

- Vraiment ?
- Oui, pourquoi ?
J'adore ça. Ils me disent à chaque fois que c'est pas possible avec les autres profs, que ça s'est jamais fait, que c'est trop top, hyper cool. Ce qui me fait automatiquement redouter quelque part les remontrances du proviseur que je contre à chaque convocation en dénombrant le nombre d'heures supp qu'ils me doivent, et que c'est comme ça, c'est pas l'horloge qui compte mais ce qui est rentré dans leurs crânes.

Le principal c'est que l'école est finie ! Et j'en parle encore.











l'édito
les éditos mars 2011/juin 2016
Le conte de Souris
soldat d'assaut
Le journal du Colonel
Itinerrances
Un Sacré rêve
Il va être père. A Paul et Angélique
Pendant ce temps à Veracruz 1
Chris chez Franck Fernandel
Trop top le rateau du voisin !
Dans les coulisses du temps d'un prof
merde aux annonceurs
Mon mantra du matin
Le fonctionnement de notre cerveau
Femme et homme mode d'emploi
Le petit bidon
Alice
Daltonien
mon 1er manuscrit refusé
Les "petits" métiers
Youpi ! L'école est finie
Debout
Notre Dame a sauvé Marseille
christian
Ma Méditerranée
Ses pieds lui rappellent
Il compte
La Bougie
Pendant ce temps à Veracruz 2
Pas un bruit
Un thé nature !
Stardate 52510.38.
Au Bois Joli
Foutue Télé !
Ô Toulouuuuuuse
Pendant ce temps à Veracruz 3
ma Méditerranée
Carnet de voyages
Tropiques Calypso
non-dits, 90 % du message
Marseille
Ma page est encore blanche.
Une rose pour Isabelle
Ma Mama corse
Pendant ce temps à Veracruz 4
TV. Lettre à feu.
Dehors l'oiseau
TV, le Grand zapping
Doumé ! La dournée !
TV again
TV folle !
La page est blanche
On vit
Le Routier
Au-delà de la fiction
La plage bis !
Ecocide
Etat des lieux
Nombre de têtes nucléaires ?
Un monde s'écroule
Chacun sur sa planète.
Le con ducteur de BM
Un soir comm'ça.
Pour trouver ton but
L'Infini nous attend
Belle époque
LE CRI
A la maison de retraite
TV war show, 14 juillet
Pauvres fous que nous sommes
France 5, Arrêt sur Images
Education à refaire
De l'amour.
20000 lieues, Les Goudes
"Elle" s'appelle Edith
Pendant ce temps à Veracruz 5
Il aurait aimé naître femme
Dans ma bibliothèque
Mes dimanches
Chez Ingrid
Le Gai Savoir du Pied
Une rose pour Isabelle
L'Invitation
Le BOYCOTT, arme de reconstruction massive.
Régression
Bonhomme bonhomme
Mon petit Jésus
Quand j'entendrai le glas
Si tu peux te rendre compte
Les attitudes préalables
Carnac vu par Einstein
BLC ATTITUDE
Le contrat qui nous enchaîne
code-barre
Qui est Je ?
Le chant des Baumes
J'ACCUSE
Un bar à Marseille
Matrix, Le Virus
Puissants, vous paierez
Demain c'est Noël
Les obstacles à la communication
Le chemin des étoiles
Merci :-)de tout sur toutJ'étais un moutonBien communiqueritinérrancesj'aime leurs motsFAIS FRONTm'écrireMa vie