chez moi
Un Sacré rêve






Ciel gris. Pluie battante. Vent froid qui sème sa tristesse. Phares en plein après-midi. Grise et cafardeuse, la ville est triste comme si elle se mourrait. La ville est noire. Paris peut-être et n’importe laquelle de ces mégapoles où des humains stressés s’endorment harassés aux termes de journées banales, isolés dans des petits cubes où ils s’écoutent mutuellement pisser.
 
Immeuble anonyme, pas d’ascenseur, peintures écaillées par l’humidité, pas de nom sur la porte, pas de nom, un habitant inconnu, juste un numéro, un extrait de naissance rangé dans une boîte à archives que personne ne consulte jamais. Un humain bout de papier habite là. Bientôt périmé songe-t-il à l’instant. Mention décédé. Il sourit, il leur faudra ressortir son dossier.

Il est assis sur son canapé devant sa télé. Éteinte. Ça fait bien longtemps qu’il ne la regarde plus. Tous les soirs depuis des mois, des années se dit-il, il reste assis là, sans force, les yeux dans le vague, à contempler sa sale image dans le grand miroir qui lui fait face. Il se hait de ressembler à ça. Et chaque soir un peu plus de voir le reflet de ses joues creusées, de la table basse où s’entassent dans un Tupperware toutes les pilules qu’il doit avaler pour oublier ce qu’il est devenu.

Ce soir pourtant,  il lui semble entendre une voix lui murmurer tendrement :

- Qui soulage ton amertume ? La vie n’est pas facile, je le sais. Une vie bien grise, toute petite à l’intérieur.

Tu as mal souvent, comme l’enfant que fait hurler ses terreurs nocturnes. Tu voudrais aller mieux mais ne te le permets pas. Tu es triste et vide et fatigué. Ta vie passe et te lasse. Tu as envie de mieux, tu sais que d’autres l’ont ! Mais pas toi. Oh non, pas toi ! Toi ta vie passe et te lasse.

Tu as grimpé marche par marche. Tu as fait ce que tu peux pour y arriver, cherchant les épreuves. Et toujours tu as essayé de faire un peu mieux que ceux qui t’ont précédé. Tu as écouté des milliers d’étrangers qui voulaient te montrer comment y arriver. Et tu en es là, l’âme et le cœur en peine à te demander pourquoi tu as si mal.

Et la coupe ce qu’il nomme sa vraie voix :

- Pourquoi tant d’erreurs ? Pourquoi cette tristesse au fond de moi ?

J’en ai marre de ma vie morne et grise au fond de ma banlieue triste alors que le soleil brille sous d’autres ciels bleus, marre d’essayer de gravir, de grimper, marre de me battre pour simplement survivre. J’en ai marre de ce que je vis, et de toute la planète, et des films qui abrutissent mes soirs, de cette foutue télé que je n’arrive pas à éteindre. Marre de dire oui et d’être gentil et de me reprocher mes éclats qui pourraient nourrir d’autres critiques acerbes sur ce que je suis et comment je vis. Marre de me dire que je n’y arriverai pas. Je veux que s’arrête ce tumulte infâme.

Je voudrais un amour, un grand, le vrai. Je voudrais du soleil, de la joie et des rires ! Je voudrais que ça change ! Ce monde a autre chose à m’offrir, je le sais. Pourquoi je ne vogue pas sur ses océans ? Pourquoi je reste là ? Pourquoi je me morfonds ? Et pourquoi je pleure ? Et pourquoi seul l’alcool me donne du courage ? Ho, juste quatre verres pour ne pas abuser, pour me faire oublier où j’en suis arrivé, pour me transformer en quelque chose de gai, de facile et de drôle, un homme qui  pourrait me plaire. Jusqu’au petit pétard censé me consoler de mon désespoir dans un monde qui se meurt.

Une autre voix qu’il connait bien intervient :

- Une vie à essayer d’oublier… Ma naissance, mon enfance, le temps perdu qui ne se rattrape plus. La Mort qui me traque. Les tracas, les blablas, mes mots malheureux. Une vie à essayer d’oublier mes amours morts.

Jusqu’à la voix qui l’obsède et le précipite dans son néant :

- Ce soir, je n’ai d’autre port que ma propre mort. Dire que j’ai passé tant d’années à me croire en vie, sans me savoir survivant. Je sais encore mes yeux ouverts mais j’entends mon souffle court. Plus rien en moi n’espère un nouveau jour.

Mon temps est occupé à repenser le temps où j’étais vivant. Je suis brisé. Je n’ai plus d’espoir. Je veux que ça cesse.

Je rêvais d’un monde sans limites, d’une terre de tous les possibles. Je rêvais d’un autre ciel bleu pour y écrire ma bible. Je rêvais au plus que parfait. D’une Humanité sans guerre. Je rêvais sur grand écran de l’Amour sans carré blanc.

Je veux fermer les yeux, me boucher les oreilles, m’allonger, là, sur le sofa, et attendre que le monde croule ou en trouver un autre fait à la mesure de l’amour. Peu m’importe cette Terre, je veux un autre ailleurs. Dans un autre univers.

Aux confins des douleurs et des râles de doutes, des sempiternelles peurs qui croisent mes routes, plus loin que le mal et l’indifférence d’une Humanité bancale, aux carrefours de mes obscurs chemins, au gré du courant, là où plus rien ne subsiste d’une Humanité sinistrée, au-delà de l’entendement et des promesses vagues, en deçà de tous mes au-delàs existe la paix.

Juste un dernier sursaut, une once de courage, une pincée de folie et avaler la dernière poignée de pilules. Fini les mots, envolé le verbe, juste le silence de mon tombeau.

Un dernier effort, fermer les yeux. Pas souffrir, rien sentir, enfin dormir.





- Oui, ferme les yeux. Oui, voilà, comme ça. Qu’est-ce que tu risques au point où tu en es ? Tu as tant essayé.

Fais le vide en toi. Respire doucement. Voilà. Retiens l’air. Oui. Expire doucement, tout doucement. Laisse tes poumons se vider. Écoute le temps. Ne respire pas. Entends ce besoin d’air en toi.

Léger, tu es tout léger. Tu ne le fais pas exprès mais simplement, sans douter, tu te sens léger.

Entends la brise et le chant à travers les fenêtres de ton Âme qui s’étend à la planète.

Regarde admire et dévore ce que Nature te donne car un jour, peut-être celui-là, demain sera trop tard.

Léger, léger, tu es léger, telle la plume blanche qui vogue dans la vent, léger, léger, tu te sens t’alléger en ton cœur et ton corps.

Que le vent roule et fonde, que les flots te bousculent, léger tu es sous leur férule ! Qu’importe tracas et soucis, ils te sont étrangers car ils n’ont que la force que tu leur donnes. Oublie-les, regarde et vis ! Qu’est le monde sous tes pieds et que sont tes erreurs à l’échelle de l’univers ?

Tu es si léger. Point de corps douloureux, point de rêves de gloire ni d’attentes. Tu dis merci et tu te pardonnes. Pour tout ce que tu as oublié. 

Léger, pour une fois que seule la paix règne au fond de toi, et l’amour et la joie.

Ouvre les yeux maintenant et regarde le miroir. Est-ce que tu  me vois ? Pas encore ? Insiste un peu. Il y au moins une chose que tu ne vois plus Je vais te guider ainsi que je le fais depuis tant d’années, tu ne vois rien. Oui, tu n’as plus de reflet. Garde les yeux ouverts, respire, expire, laisse aller les secondes. Voilà, on y est.

Est-ce que tu vois ma lanterne ? Tout en bas ! Elle grossit et t’éclaire pour te guider. Regarde encore et bientôt tu me verras. Non ! Ne ferme pas les yeux ! Tu ne risques rien à essayer. Je parle dans ta tête mais bientôt j’apparaîtrai.

Voilà, regarde-moi arriver.

Vois-tu ma cape bleue ourlée de filets d’or et mon grand chapeau pointu où se nichent les étoiles ? Regarde un peu mieux, et tu verras bientôt ma grande barbe blanche. Et mes yeux malicieux et mes binocles d'or. On y est. Je suis tel que tu le désirais.

Laisse-moi parler ! Je sais tes questions. Chut ! Écoute-moi. Je  suis Guide. Je vis sans guillemets dans tes belles pensées. Je niche dans ton cœur quand tu sais qui tu es. Je suis dans tous tes bonheurs quand tu vois la beauté. Chut, laisse-moi parler.

Je suis derrière ton miroir et nous effaçons la craie sur le tableau. Plus de masques ni de poudre aux yeux. Juste toi et moi, entre nous qui nous aimons tant, pour une jolie balade pleine de belles surprises.

Nous serions dans le noir de tes voix s’il n’y avait ma lanterne qui éclaire notre chemin.

Puisque tu n’as plus d’image, je vais pouvoir t’enseigner qui tu es vraiment, celui dont tu ne connais pas encore le secret. Tel est notre chemin.
Pour réussir, il faut que tu me rejoignes, derrière le miroir, au-delà de ce que tu connais, de ce que tu crois vrai.

Et tu te demandes encore ce qui t’arrive. Bien sûr. En fait tu es endormi sur ton canapé, lassé de la vie. Tu dors malheureux d’un sommeil agité et tu essaies encore de résister. Mais voilà tu dors.

Comme tu n’as rien d’autre à faire, je te propose un voyage tel que tu n’en as jamais fait. Nous allons pénétrer le miroir et nous promener dans ta tête pour y écouter tes voix. Nous allons les soigner une à une avec tendresse et leur montrer d’autres chemins. Car ton souhait le plus secret, c’est de te libérer de leurs monologues tristes.

Dors, oui… Ferme les yeux. Oublie les coups et les bleus. Pleure ! Oui. Laisse couler les diamants sur tes joues. Ton corps s’abandonne, s’endort, tes voix se taisent.






- Tu me vois maintenant ? Je vais te tendre la main et tu vas me rejoindre.

Ne t’inquiète pas, demain tu te lèveras à la même heure pour reprendre le même train-train, tes petites habitudes, jusqu’à ton Ricard du soir ou bien ton pétard ou ta série télé, celle que tu ne rates jamais. Si tu le veux encore, tu retrouveras tes jours noirs quand rien ne te va plus. Reviendra le désespoir que tu cultives. Tes nuits d’orage et tes matins chagrins. Ne t’en fais pas, tu seras toujours. Tu dors sur le canapé et rien ne peut t’arriver. Personne ne va t’appeler car tu t’es isolé de tous.

Ta mère va bien, tes enfants aussi, tu les appelleras bientôt car personne n’a ton numéro. Tu as éteint le gaz, rangé tes papiers, fermé l’eau comme pour un grand voyage. Tu n’attends personne car il ne vient jamais personne. Tu vois, rien ne te retient.

Je vais te tendre la main et tu vas me rejoindre. Fais-moi confiance. Avance la tienne. Est-ce que tu sens mes doigts ? J’aime les tiens. Oui, ça y est, tu es prêt.

- Garde les yeux fermés. Car là où tu es, tes pensées créent. Car ici, comme chez toi, juste un rappel, ta vie dépend de toi. Oui, c’est bien toi le créateur.

Détends-toi. Tout est encore noir parce que tu ne sais que penser. Et que tu as encore peur. Respire.

Tu passes au-delà de qui tu crois être. A l’abri du temps, en sécurité. Tu t’arrêtes, tout est là, en toi, de beaux chemins, des tapis de fleurs.
Songe à qui tu pourrais être sans craintes ni douleurs.

Libère-toi et soit.

As-tu bien chaud dedans ? Car ce qui m’intéresse n’est pas en vitrine, c’est juste à l’intérieur, au fond de ton cœur. Mes mots tendres et intimes n’ont pas pour vocation de parler en sourdine à un rêveur de fond.

Laisse aller ton rêve.

La réalité n’est plus là. Nous sommes éclairés par ma lanterne qui t’est bien nécessaire pour marcher dans la pénombre de ton être. Tu n’as encore rien dessiné dans tes pensées et tu ne sais toujours pas où je t’emmène.

Je vais t’offrir tous tes mondes et ces mille beautés cachées au fond de toi. Je vais te montrer ce que tu es au creux de mes mots tissés de cheveux d’anges. Je vais te montrer combien ton Âme est belle. Et nous allons partir à sa recherche, même si elle est déjà là car elle n’est que toi, mais tu ne le sais pas. Pas encore. Mais tu la verras.

Je suis ton guide.

Tout au long de ton rêve, tu vas  observer le flot de tes pensées. Elles vont t’entraîner sur de drôles de chemins, mais tu vas, ma main dans la tienne, cheminer  aux sommets.

Imagine-toi en haut d’un balcon. Tu es au trente-huitième étage et tu domines le flot de tes pensées. Tu sais qu’il y a en toi des voix qui geignent, ancrées dans ton passé et devineresses d’un futur imparfait. Tu les entends depuis si longtemps. Leurs cris vont doucement s’éteindre. Tu observes simplement, sans prendre parti. Tu es là. Seul le présent importe. Ni devant ni derrière. Et tu m’écoutes.

Ouvre ton Esprit et déploie une grande feuille blanche pour que ton Univers prenne enfin vie.

La page est blanche, il te tarde de l'embellir à coup de douces images. La page est là qui t’appelle et s’apprête pour toi, pour qu’au fil de ses dentelles elle devienne ta voix. Elle capte tes murmures et tes ratures, reine d’un monde plié à tous tes délires. La page blanche t’ensorcelle, cueille tes émois et te harcèle de verbes impétueux, d’images et de nacelles pour te porter jusqu'aux Cieux d’un Monde tendre et heureux où tu peux enfin t’imaginer Dieu.

Déjà ton paysage se prépare. Quelques couleurs jaillissent.

Tiens, ton premier personnage !

Je te présente Histoire. Attends un peu ! Ça y est, tu la vois, belle et gracile. Elle n’a ni queue ni tête, juste deux grands bras sur un H majuscule et un sac plein de mots qui pend entre ses deux barres. Elle bouge beaucoup car c’est à peine une historiette, ça s’entend dans sa voix coquine. Elle n’a pas de visage parce que tu ne la connais pas encore. Mais ça viendra. Petit à petit, tu verras se dessiner son visage au fil des aventures que tu lui  donneras :

-  Un peu de rouge, chantonne gaiement Histoire, du rouge pour l’énergie de tes rimes et la Terre qui te porte et te nourrit. Devant toi s'étend un champ rempli de coquelicots à quatre pétales. Tu te penches et en cueilles un que tu respires avec passion. Lentement tu te réchauffes et te sens de plus en plus libre, fort et puissant.

Un peu d’orange, ensuite, un fruit bien gros, bien rond et juteux à souhait, un abricot, une mangue. Ton verger apparaît dans un paysage ensoleillé. Tu revis, tu as chaud. En toi des certitudes se glissent et te gonflent de joies. Six grenouilles passent devant toi, va savoir pourquoi.

Passons au jaune, ta couleur de prédilection, comme un citron ou la flamme du soleil qui te réchauffe, te transforme et t’illumine. Ta joie s’amplifie, tes pensées se calment et s’affermissent.

Vient maintenant le vert, lumineux comme celui des pâturages sages et tranquilles, de la feuille du palmier ou de celle d’un chêne au plus profond du secret d’un sous-bois, là où les forces de la nature te nourrissent, t’équilibrent et te rechargent.

Un peu de bleu pour calmer ton esprit qui écoute et se perd dans l’Infini des sons de ta création, bleu comme la voûte céleste par temps ensoleillé.  Tu t’assoies au bord d’un lac, le Ciel se reflète dans l'eau calme. Un vent léger caresse ton visage et seul le doux  murmure du clapotis des vagues imprègne ton Âme sage. Ici tout est paix et harmonie.

C’est au  tour du violet, celui de la violette, d’un coup de pinceau sur toile blanche. Le Soleil se couche sur ton horizon et lentement le Ciel s'assombrit. Voilà venir ta couleur, juste avant la nuit et ton être plonge dans tes propres merveilles.

Enfin, finissons par le blanc, la plus belle de toute, qui par excellence éclaire ta route, cygnes sur l’étang, neiges éternelles, un blanc brillant et aussi lumineux que les ailes d’un Ange. Ami de la Sagesse, ton cœur s’ouvre.

Manque-t-il quelque chose ?

Du rouge, de l’orange, du jaune, vert, violet, bleu, indigo, blanc, une touche de cerise ? Et des mots à mettre dedans.

Car je suis ton Histoire et les mots sont mon métier. Je suis dans ma cuisine et je trie tes pensées pour mijoter des images faites pour te combler. Je les jette hardiment dans la grosse marmite et j’attends patiemment que la pâte s’agite.

Mais tu sais, je veux des mots nouveaux ! Que tu n’as jamais écrits ! Des mots frais et beaux accouchés sur tes carnets.

Je veux des mots féeriques porteurs d’humanité, des mots ésotériques emplis de divinité.

Donne-moi des mots que je puisse manier, que je puisse assembler en formules magiques.

Il me faut des mots qui aillent droit au cœur, des mots de grâce.

Je veux des mots nouveaux en toute simplicité qui magnifient le papier.

Regarde, j’ai mis pour toi dans mon grand sac un miroir, un atome, tous les chiffres, des symboles, les neuf chœurs, l’envers des choses, de l’amour, beaucoup de courage, le présent, un zeste d’Immensité, l’envie de donner, une forte loupe, quelques promenades, le chant d’un oiseau, la pose du lézard, l’énergie de la Terre, celle des étoiles et tous tes stylos.

Allez ! N’hésite plus car maintenant je suis prête. Le temps est enfin arrivé.

Nous sommes à présent à l’orée de ton conte. 






- Tu viens ? s’impatiente Histoire. Alors tu viens, oui ? Le temps presse, la nuit va vite filer. Je vais te montrer la vérité. Si, si, je t’assure, si tu te laisses guider.

Tu fais deux pas, elle te précède. Ses mots jaillissent de son sac et volent vers toi. Ils cherchent les tiens. Elle te tend la main et se penche sur le côté, féminine pour mieux t’attirer.

- Comme il fait bon vivre dans ton grand château, t’inspire-t-elle, folle de plaisir.

Vois ses deux tours qui se dressent sur leurs pierres solides et ces petites fermes qui entourent ton île nichée dans les bois sur un vallon fertile. Ici au cœur de ta nature, tout te plaît. Des vallons enchantés à l’herbe bien grasse, des verdeurs qui rassasient les vaches et parfument leur lait. Tiens ! Un sage rieur et ridé qui transmet la joie de vivre à des enfants qu’apaisent ses livres. Des ferveurs de l’été aux douceurs automnales, du printemps bien-aimé aux blancheurs hivernales, voilà le Monde où tu es.

Tu brilles dans ton armure sur ton beau destrier et le Soleil illumine tes parures. L’Humilité souveraine imprime ton pavois et tes joies glorifient tes choix. En ces temps bénis, tu rejoins la Princesse que tu aimes d’un profond amour.

- Mais de ce pays tu ne veux déjà plus. Ton château disparaît dans la brume et le soleil décroît. Comment vis-tu sur Terre si jamais ton esprit tu ne déploies ? Je te rappelle que ta réalité n’est plus. Tu dors et tu rêves ! Ici tout est possible et rien ne t’arrête que le flot de tes pensées. Deviens virtuose de la Vie. Essaie.

- J'ai tant de terribles images qui m’obnubilent, se lamente ta voix la plus forte.
- Ainsi rien n’y fait. Peu importent les images et peu importe le ton, sans cesse tu enfouis ton Âme sous tes tristes voix. 
- Mais tu réveilles mes blessures ! Parfois un rayon m’éblouit mais il est aussitôt voilé.
- Tu oscilles sans cesse d’un temps à l’autre. Tu ne sais pas pourquoi, tu ne peux pas t’en passer, même quand ça crie en toi que ça ne sert à rien de regretter.
- Oui, c’est vrai. J’ai mal. Je veux qu’on me délivre. Je veux l’équilibre. Je veux marcher dans la rue sans compter les pavés et regarder le ciel au lieu du carrelage. Je vais et je viens, juge et coupable, victime et bourreau. Et je me surprends à préférer le pire, car il vaut mieux m’habituer à mes déboires à venir. Et je m’autorise celui que je crois le moins pire de tous mes futurs.

- Et pourtant ? Si personne ne t’avait appris tout ça ? Sans dieu ni maître, qui serais-tu ?

Qui es-tu aujourd’hui si ce n’est ce que « on » a fait de toi ? Ce « on » qui te dévore la tête à coup de sermons, de colères, de rages et d’envies, qui te compare sans cesse, te taraude et t’insulte, qui vit au fond de toi dans un brouhaha incessant, ce « on »" qui te rappelle à l’ordre et te juge. Mais que crois-tu qu’il y ait dans ta vie sinon ce que tu y mets ? Ta vision des choses.

Qui es-tu, vraiment au tréfonds de toi, au-delà de ce que tu crois savoir de toi, loin des apparences et de l’image qu’on a de toi, des faux-semblants que tu cultives pour t’en rapprocher. Qui es-tu au début ?

Qui est « je » quand tu n’es plus ce moi qui te torture et te limite, qui t’oppresse et te stresse ?

Qui es-tu quand tout a été dit, quand les mots ne sont plus et que tu es perdu ?

Qui es-tu si tu songes que tu es autre chose ?

Qui est « je » sans contraintes ni doutes, sans craintes ni peurs ni noirceurs qui l’envoûtent ?

Quelle est la part de toi que tu ne connais pas ?

Te sens-tu entier ? Complet ? Il n’y a aujourd’hui aucun juste milieu qui te définit. Il en va ainsi de toute ta vie.

Il ne peut s’empêcher de se justifier :

- Qui est je ? Qui suis-je ? Qu’en sais-je ? Ce qu’on m’a dit d’être, ce que je dois ou devrais être, tu as raison. 

Je suis un être humain assoiffé de sang. Je vampirise ceux que je croise et peuple une planète qui ne tardera pas à crever sous les flots d’immondices que je déverse en sa terre et en ses cieux. Je suis la pire des choses, la seule capable d’inventer des folies pour s’autodétruire.

Je suis égoïste, veule, orgueilleux, vaniteux. Et je vais au bout de tous les chemins chercher je ne sais quoi, un prophète, un Messie, un Trésor, oui de l’or, car il me fait vibrer comme nulle autre chose.

Est-ce que ça te suffit qui je suis ? Je suis l’Humanité qui se déchire et s’étripe au nom d’un dieu ou pour un bout de terre. Je laisse mes frères mourir de faim alors que je remplis mes poubelles de tout ce que je n’ai pas voulu manger. Je vois autour de moi tant de gens qui pleurent et meurent. Ma Terre est un vaste cimetière.

Je déteste la différence et demande aux pauvres de se débrouiller. Je ne vois plus les exclus qui grouillent dans mes rues.

Je suis un humain humilié, rejeté, opprimé, écrasé, décimé, massacré, et ma seule piété va vers des icônes vides de sens. Je me rassure au bord d’un bénitier et contemple ma vertu quand je serre la main de mon voisin à l’église. Mais qui suis-je ? En veux-tu encore ?

Ma vie n’est que parjures et fuites. Je suis né condamné à mourir dans un monde déchaîné qui ne croit plus en rien et continue pourtant à imposer ses valeurs.

Finalement, je ne suis que ce qu’on  me dit d’être.

- Tu ne sais rien encore. Ou plutôt trop, ce qu’on t’a dit, c’est vrai, ce que tu écoutes, cette tristesse qui tient ton pauvre monde, ce mal de l’Humanité qui te fait oublier tes plus belles pensées.

Tout s’en va de toi dans leurs frêles paroles quand tu ploies sous leurs torrents de peurs, leurs cris et leurs larmes, tout s’en va de tous tes bonheurs et des trésors intimes qui volent au fond de toi.

Et si tu envisageais de te déprogrammer ? Si tu effaçais ce que tu crois et penses mériter ? Regarde la fertilité de ton esprit, tes rêves et accepte tes mirages. Toi est derrière le miroir de ta fausse identité.

Tu as cru qu’il y avait des rites et des pratiques magiques, des théorèmes obscurs et des bibles illisibles, qu’il y avait un Diable et plein de démons, qu’un Dieu et neuf Archanges régnaient dans les Cieux. Tu as cru qu’il fallait craindre Dieu et ses larmes de sang et qu’il était différent de ce que tu es, plus que parfait. Tu as cru que tout était symbole et rien n’était parfait, que toi petit Homme, tu échouerais. Tu as cru la guerre écrite dans le cœur de l’Homme, Tu as cru le malheur juste récompense de bonheurs supérieurs après que l’on t’ait enterré. Tu as cru que tu n’y pouvais rien parce qu’on te l’a dit, parce que tu étais trop petit pour trier les choses. Tu as cru tellement de choses que tu t’es perdu. Abandonne tes croyances et un autre tu seras.

Gomme ces limites qui t’emprisonnent. Ici n’y a plus d’impossible. Entre rêve et réalité, tu vas bâtir un pont, franchir ton abîme, pile et face de toi dans le même moi. Entre ce que tu crois et ce que tu es, tu vas apprécier le chemin, mon humain, mon dieu.

Il y a un Ordre des choses qu’il s’agit de trouver pour accepter d’être qui tu es. Et je vais t’y aider.

 « Ce Monde que tu devines est bien le tien.

« Simplement, simplement, tu es bien, tu es là.

« Laisse aller les voix, laisse-les partir bien loin là-bas et écoute ton être plonger dans mes mots.

« Laisse aller ta monture. »


- Quelle est cette voix si douce qui t’allège soudainement ? Qui est-elle ? Mais elle ne se décrit pas !

Bon. Si tu insistes, elle est… Homme et Femme. Le condensé des deux. Elle est juste milieu et imperturbable équilibre. En elle se rassemblent tous les contraires et se manifeste ton divin. Elle est ton Soleil, ton Cercle et ton Invariable Milieu qui te donne le feu de la Vie. Tu la reconnais aux doux mots qu’elle ne murmure que pour toi. Elle s’appelle Âme et c’est la signature qu’elle appose sur les émois que lui inspirent tes peintures. Elle te dit merci tout le temps car tu es l’Origine. Elle est ta Reine puisque tu es son Roi et elle t’aime à l’infini et pour l’éternité. Elle ne ressemble à personne et elle est toi, tendrement blottie dans ta magie. Pour toi elle se dévoilera.

Elle ne pense qu’à toi et te souffle ses bontés quand ton cœur s’attriste. Guérisseuse, sage-femme, meilleur ami, elle  te rassure même si tu ne l’entends pas. Elle sait qui tu es. Ecoute-la.

 « Je suis toi, je suis en toi, toujours claire et limpide, je suis aussi grande que toi.

« Je suis Homme, je suis Femme, je suis aussi ton Guide.

« Je suis ton Âme paisible même si tu oublies qui est toi, tranquille quand il fait chaud dans tes voix, sensible quand dedans il fait froid.

« Dans l’Immensité,  je suis ton relais.

« Entre le haut et le bas, je suis l’Âme intime qui converse avec Dieu qui te donne tes rimes.

« Je suis la plus belle de tes voix.

« Je suis fleurs et dentelles de tes rêves les plus purs. À l’ombre de mes baisers tu es apaisé.

« Je suis ton Âme belle, je flotte dans les temps, éthérée mais réelle, je vole aux quatre vents.

« Je tutoie le présent et ta petite sœur, je suis l’Âme d’un Ange, je suis dans tous les cœurs.

« Je suis là et te précède quand tu as besoin d’aide. Je suis  ta Terre.

« Née pour te bercer, je suis ton Âme légère.

« Durant ton conte, je serai bien là. Blottie contre toi, je lirai ces mots qui animent tes pages. Et  je me ferai petite pour que tu découvres la clé.

« Tu croiras me trouver, mais, en vérité, je suis déjà là. »





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