chez moi
Pas un bruit




Une oeuvre de Janine Delaporte
"La porte grise"




Pas un bruit chez moi.

Le frigo ronronne tout doucement pour rafraîchir la denrée nourricière par moins cinq au-dessous de zéro. Mon PC ventile ses puces toutes les trente secondes. C'est vrai que je le soumets à rude épreuve. J'entends à peine les voitures dans la rue désertée sauf un klaxon de temps en temps, on est à Marseille ou Bombay, même combat pour prendre sa place dans le trafic.

Bien sûr, les enfants crient dans la cour de l'école et mes doigts tip-tapotent le clavier, mais pas d'autres sons, même pas de cigales. J'attends, j'écoute la ville. Toujours rien du vacarme attendu d'un lundi matin.

Je ne sais pas si je pourrais vivre en permanence dans le silence ? Pas dans un silence absolu, oublions, il n'existe pas car il y a toujours un bruit sur terre, même au fond de la plus noire des grottes, même isolé dans un caisson comme cet artiste qui a pété les plombs à mesure qu'il blanchissait. Il y a toujours mon souffle à la sortie de mes narines, comme une mer calme, mes acouphènes qui jouent du djumbé au creux de mes oreilles, mon coeur qui s'affole quand je n'entends plus rien, je ne suis pas habitué.

Parfois, je me dis que j'aimerais bien vivre dans un silence, naturel s'entend, juste peuplé de chants d'oiseaux, du souffle de la brise dans les pins parasol ou les marroniers, j'ai rien contre mais dans le coin ils ne pullulent pas. Vivre, écrire donc puisque je ne sais rien faire d'autre, sans autre bruit que celui de la nature et de mes doigts sur le clavier, même pas de frigo ou en bas, très loin de mon atelier. Mais je ne suis pas sûr de pouvoir vivre constamment dans un tel silence.

Ecrire dans le calme, c'est partir très loin en soi, à l'abri du monde qui rugit à ma fenêtre. Tout va si vite aujourd'hui et trop pour moi. Avec une canne, tout est furieusement trop rapide. Au bout de quelques heures, ce silence studieux devient vite pesant. Comme si je partais trop loin de la rive au milieu du courant de mon inspiration. L'absence de sons familiers peut m'angoisser jusqu'à me pousser à allumer la télé sur un programme débile et c'est la majorité.

J'aimerais en fait un silence plus joyeux. Le silence des villes est aussi artificiel que ses tintamarres. Je sais qu'il me suffit d'ouvrir ma lucarne pour percevoir la rumeur de la circulation qui ne cesse jamais, mais ce n'est pas le bon silence dont je rêve, celui d'une belle journée d'été passée sous le platane bi-centenaire où niche une couvée de moineaux. Ici, je me coupe vite de lui, là-bas je le boirais à grandes rasades jouissives.

Finalement je crois que je pourrais vivre dans un silence naturel. Du matin au soir ? Je ne sais pas, on nous a tant habitués au bruit civilisé. Ni télé ni radio ni chaîne stéréo ? Et pourquoi pas ? Comme un retour à la case départ.

Dans mon abri troglodyte, moi, mes mots, les oiseaux et rien d'autre.






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