chez moi
Itinerrances

2002

Sur une tombe de Nant, j’ai lu :

« Le temps des mots de lumière
des mots aux ailes déployées »

Je suis allé voir qui était dans la tombe. Son prénom était Robert, celui de mon père.






 

Fée pleurait

Assise sur un champignon rouge à pois blancs, la tête entre ses mains, ses cheveux longs cachant son délicat visage, Fée pleurait.

Ses épaules étaient secouées de longs spasmes qui serraient sa poitrine nue et sa fine gorge. Une fée qui pleure ? Rare n'est-ce pas en terres magiques ? Et pourtant celle-ci pleurait toutes les larmes de son corps.

Ses sœurs l'avaient prévenue :
- Ne t'en approche jamais, n'essaie pas de les aider, ils ne comprendraient pas.
Elles lui ont tout dit, tout ce qu'il faut pour ne pas avoir mal, un jour, mais elle est tombée dans le piège comme bon nombre d'entre celles qui lui ont prodigué de si sages conseils. Elles parlaient en connaissance de cause.

Elle pleure toujours, Champignon en est tout mouillé. Et tout triste. Tant de douleur quand il fait si beau. Il lui est venu à l'idée de la consoler mais comment faire quand on n'a ni bouche ni bras ni mains ? Gros Champignon rouge à pois blancs se met alors lui aussi à pleurer de tous ses spores.

Fée et Champignon pleurent donc de concert sur la stupidité d'un monde qui ne peut réaliser leur rêve, elle celui d'être aimée d'un homme au regard couleur du ciel, lui un corps pour consoler sa fée.

Un rayon de soleil illumine sa chevelure, une caresse du vent fait tinter les grelots qu'elle porte à ses délicates chevilles, un papillon tente de franchir le mur de sa peine, une coccinelle se pose à côté de sa détresse, toute la nature s'agite pour la secouer de sa torpeur humide :
- Regarde autour de toi, lui murmure Coccinelle à l'oreille entre deux bruissements de ses ailes noires. Tout est toujours là ! Rien n'a changé !
- Vois comme je vole pour toi, chante Papillon en faisant looping sur looping pour gagner un sourire qui pareraient ses ailes rouge rubis.
- HOoouuui, ils ont raison Fée ! Phooouuurquoi pleurer quand la vie bat autoouuur de toi ? tente un gros et sage Hibou venu se poser là pas par hasard. Sais-tu ce qu'il manque à ce merveilleux paysage ?
Elle lève sa jolie tête et repousse d'une main ses cheveux tissés de perles, plantant ses yeux dorés dans ceux du volatile philosophe :
- Non ?.finit-elle par soupirer d'une voix enrouée.
- Tes yeux, ma Fée ! Tes yeux poouuur nous rendre beaux.
- Va-t-en ! Tu ne peux pas comprendre, s'exclame-t-elle dans un sanglot. Je n'ai pas envie d'entendre tes sornettes ! Va-t-en avant que je te transforme en corbeau.
- Te sentirais-tu mieux ?
Elle réfléchit, plissant un nez rebelle.
- .Non.

Non rien ne peut la consoler et il n'existe aucun charme contre les peines de cœur, d'autant plus quand il s'agit d'un humain. Ses sœurs ont essayé à maintes reprises, mais finalement seul le temps est capable d'atténuer le feu de ce genre de blessures, rarement de les guérir.
- On m'avait pourtant prévenue, gémit-elle en se tordant les mains.
Champignon soupire. Ce n'est pas la première fois qu'une Fée pleure sur sa tête, à croire qu'il est le seul dans le coin, comme si elles s'étaient toutes données le mot. Et toujours les mêmes litanies. Il se dit qu'il est temps de devenir sage à son tour.
- Tu as fait ta propre expérience, avance tendrement vieil Hibou en clignant des yeux en guise de sourires. C'est fait, doooouuuuce Fée, maintenant tu sais.
Deux plis apparaissent sur le front de la Princesse des Bois d'ordinaire aussi lisse que de la nacre.
- Mais pourquoi ? J'ai tout fait ! Pourquoi ne me voit-il pas ?
- Tooouuut un univers voous sépare.
- Il n'est pas loin d'ici
- Ici hoouuu de l'autre côté de la galaxie est du pareil au même quand tu es Fée et lui Homme.
- Pourtant nous nous ressemblons ? Enfin, un peu se souvient-elle en battant des ailes.
- Comme la pyrite à de l'or.

Elle ouvre ses deux mains et fait apparaître deux pépites qu'elle contemple en tentant d'apprécier leurs différences, mais pour elle l'une et l'autre sont aussi précieuses. Elle hausse les sourcils :
- Dans l'échelle de l'évolution Fée tu es et Homme il est. Ton cœur est sorti de la gangue hooouuuù le sien est encore prisonnier. Ainsi sont les choses puisque tu es Fée et qu'il est homme.
- Alors jamais nous ne pourrons nous rejoindre ?
- Quand son cœur brillera comme le tien.
Coccinelle, Papillon et Champignon en restent cois. Vieil Hibou réussira-t-il là où ils ont tous échoué ?
- Comment le faire briller ? l'interroge Fée. Aucune magie n'y parviendra.
- En le laissant suivre son chemin sans interférer. Lui seul a le pooouvoir d'illuminer son cœur.
- Tu crois qu'un jour ? ose-t-elle espérer.
Hibou déplie ses ailes et cligne plusieurs fois des yeux, Hibou rit beaucoup de tant d'innocence.
- Hoouuu. Le temps qu'il t'a fallu. Hoouuu plus, hoouu moins, qui sait ?.Sinon lui. Mais je vais te dire un secret qui me vient de thoouut là-haut : ce jooour viendra aussi sûr qu'après la pluie vient le beau temps et après les larmes ton rire.
- Souris, Fée ! s'empresse de lui crier Papillon en se posant sur sa tête.
- Allez ! Fais-nous rire ! surenchérit Coccinelle en agitant ses antennes rouges pour lui chatouiller le nez.
- Allez ! frissonne Champignon. Vole et éclaire le monde !

Dans un grand éclat de rire qui se transforme aussitôt en poussières d'or, Fée s'envole dans un tourbillon d'étoiles.





Qui ?

Ai-je été Templier et craché sur la Croix
Ai-je été crucifié et brûlé pour avoir trop aimé
Chevalier ou croisé transpercé d'une lance
Ai-je été initié aux Mystères d'Eleusis
Gueux ou Roi d'un fertile pays
Ai-je prêché en vain une foule avinée
Ai-je été le disciple d'un Hermès messager
Ai-je été mage, sorcier ou alchimiste
Mendiant, boiteux, ténébreux, oublié
Ai-je été torturé pour mes convictions pacifiques
Ai-je longtemps poursuivi la Chimère ailée
Ai-je été saint, archange ou apôtre
Porteur de mensonges ou de Vérité
Qu'ai-je fait de mes ailes, de ma divinité
Sais-je enfin taire ma vanité
En ai-je fini avec la cruauté
Combien de vies ai-je déjà menées
En combien de ports me suis-je abîmé
Combien d'hommes et de femmes ai-je incarné
Qui pourra me le dire
Qui le sait





Code barre

T’es cerné de codes
T'es qu'un numéro
T’es qu’une série
Mais pas le Loto
Comme un code barre, une carte à puce
Une série de chiffres avec qui l'on triche
Ta carte sécu est bien encodée
Et ton mode de vie savamment décodé
T’es juste qu’un nombre, une date de naissance
Sur un acte civil au fond d’un fichier
Tes chiffres te suivent jusque dans ta tombe
Et tu finis enfoui dans un entrepôt sombre
T’es qu’un numéro, même pas un humain
Pour ton pays chéri, tu vaux presque rien
Juste un numéro sur la plaque militaire
Qui décore ta croix au détour d’une guerre
T’es qu’une série de chiffres alignés sur plastique
Sur de grands rubans qui te bouclent et t'enferment
Juste une information, un programme éclair
Á peine quelques octets d'un doigt effacés
T’es cerné de codes
Et de numéros
Rien qu’une série
Même pas le Loto





Le Chemin des Étoiles

Tout là-haut les étoiles commençaient à se coucher dans un ciel bleu nuit sans taches ni plis. Elle voulait en attraper une avant qu'elles ne remontent aux premiers rayons de soleil. Elle se posait justement dans le champ tout frais semé. Ses petites jambes semblaient prêtes à l’envoler tant elle courait à perdre haleine pour l'attraper. C'était la sienne ! Elle l'attendait, elle le savait qu'elle serait là ce soir juste pour elle. Dans sa chambre elle la mettra sur sa table de nuit, pour éclairer ses nuits. Peut-être même ne fera-t-elle plus de cauchemars, sa lumière la protègera. Soudain une nouvelle étoile s'alluma au-dessus d'elle, lui révélant le meilleur chemin pour aller décrocher la sienne.






Expédition artistique

Un miroir, un atome, tous les chiffres, et les symboles, les neuf chœurs, et les deux autres, l’envers des choses, beaucoup d'amour et de courage, le Présent, un zeste d’immensité, l’amour de soi, l’envie de donner, une forte loupe, quelques marches sereines, le chant d’un oiseau, la pose tranquille du lézard, l’énergie de la matrice, celle des étoiles et enfin des litres d'encre. Entre autres.






Cheveu d’ange ?

- Cheveu d’ange avez-vous dit ?
Tel est son nom technique. Le cheveu d'ange bouche ma perf, et m'évite d'être piqué tous les jours. Mon sang reste où il faut, la vie peut continuer à m'irriguer.
- Vous êtes sûr que c'est son nom ?
- Oui, me dit l'infirmier mal rasé sans broncher de l'œil.
- Cheveu d'ange, comme c'est joli.

Je ne pus m'empêcher de tourner ça dans ma tête, et dans tous les sens. J'y vis matière à écriture. Un cheveu d'ange retient mon sang. Un cheveu d'ange me pénètre et me garde en vie. Un cheveu d'ange m'évite la souffrance. Ne remplit-il pas là toute sa mission ? C'est si bien trouvé. Alors ils sont partout ?

J'avais envie de lui crier tout ça ! Je voulais savoir s'il savait ce qu'il faisait, lui, pourvoyeur d'un si beau cadeau. Mais il s'occupait de ses petites affaires, se passant les mains au désinfectant. Il préparait tout son matos avec la conscience professionnelle d'un huissier de justice pour le compte de la Banque de France. Il était venu pour ça, telle était sa propre mission.

- .Après un long silence. C'est joli ! Cheveu d'ange ?
- Oui.
Décidément, qu'il est difficile de poétiser devant une fiole d'éther.




Le conte de Souris
soldat d'assaut
Le journal du Colonel
Itinerrances
Un Sacré rêve
Il va être père. A Paul et Angélique
Pendant ce temps à Veracruz 1
Chris chez Franck Fernandel
Trop top le rateau du voisin !
Dans les coulisses du temps d'un prof
merde aux annonceurs
Mon mantra du matin
Le petit bidon
Alice
Daltonien
mon 1er manuscrit refusé
Les "petits" métiers
Youpi ! L'école est finie
Debout
Notre Dame a sauvé Marseille
christian
Ma Méditerranée
Ses pieds lui rappellent
Il compte
La Bougie
Pendant ce temps à Veracruz 2
Pas un bruit
Un thé nature !
Stardate 52510.38.
Au Bois Joli
Foutue Télé !
Ô Toulouuuuuuse
Pendant ce temps à Veracruz 3
ma Méditerranée
Carnet de voyages
Tropiques Calypso
Marseille
Ma page est encore blanche.
Une rose pour Isabelle
Ma Mama corse
Pendant ce temps à Veracruz 4
TV. Lettre à feu.
Dehors l'oiseau
TV, le Grand zapping
Doumé ! La dournée !
TV again
TV folle !
La page est blanche
On vit
Le Routier
Au-delà de la fiction
La plage bis !
Ecocide
Etat des lieux
Nombre de têtes nucléaires ?
Un monde s'écroule
Chacun sur sa planète.
Le con ducteur de BM
Un soir comm'ça.
Pour trouver ton but
L'Infini nous attend
Belle époque
LE CRI
A la maison de retraite
TV war show, 14 juillet
Pauvres fous que nous sommes
France 5, Arrêt sur Images
Education à refaire
De l'amour.
20000 lieues, Les Goudes
"Elle" s'appelle Edith
Pendant ce temps à Veracruz 5
Il aurait aimé naître femme
Dans ma bibliothèque
Mes dimanches
Chez Ingrid
Le Gai Savoir du Pied
Une rose pour Isabelle
L'Invitation
Régression
Bonhomme bonhomme
Mon petit Jésus
Quand j'entendrai le glas
Si tu peux te rendre compte
Les attitudes préalables
Carnac vu par Einstein
BLC ATTITUDE
Le contrat qui nous enchaîne
code-barre
Qui est Je ?
Le chant des Baumes
J'ACCUSE
Un bar à Marseille
Matrix, Le Virus
Puissants, vous paierez
Demain c'est Noël
Les obstacles à la communication
Le chemin des étoiles
J'étais un mouton
Bien communiquer
L'éditoLes éditos mai 2017...Les éditos mars 2011/juin 2016Bric à Bracnon-dits, 90 % du messageLe BOYCOTT, arme de reconstruction massive.Femme et homme mode d'emploiLe fonctionnement de notre cerveauItinérrancesMots de MaitresM'écrireMa vie