chez moi
Daltonien

Il aimait dessiner, mais peindre il a dû oublier. Aux cours du soir des Beaux-Arts, le maître l’a vite cantonné au fusain :
- On verra les couleurs plus tard. Tous les deux.
Il a tenu promesse. Il est resté derrière lui en cours particulier. Il avait posé un bouquet sur un  pilier dans un vase coloré. Le maître s’y est cassé les dents comme le toubib durant les trois jours.

C'est là qu’il a découvert qu’il était daltonien comme son père. Mais en plus bizarre, dans les demi-teintes. Il s’est fait engueuler :
- Mais enfin, vous le faites exprès ? Vous ne voyez pas le chiffre sur la carte ? Un sept ! On recommence Soldat.
Ça n’a jamais marché. Il avait beau plisser les yeux, la regarder de loin, de près, il ne voyait aucun sept. Il s’est demandé si c’était grave. Il a failli mentir.  
- En tout cas vous ne serez pas chauffeur. Restez-là, je vais chercher mon collègue. Il faut qu’il voit ça sinon il ne me croira pas.
Tandis qu’ils rigolaient en lui montrant et remontrant la carte, il a eu très peur d’être réformé.

Le maître a fini par lui arracher le pinceau des mains pour lui montrer pour la énième fois qu’il fallait ici du du gris et pas du bleu ! Deux heures après :
- Vous savez que vous avez un problème aux yeux ?
- Je suis daltonien. Je l'ai appris à l'armée. Je le tiens de mon père.
- Et vous ne pouviez pas me le dire plus tôt ?
- J'en ai honte.
- Non, non ! Surtout pas. Ca doit être beau la vie dans d'autres couleurs.
Il n'avait jamais vu ça sous cet angle.

La pilule a été dure à avaler, mais il s'est résigné au noir et blanc. Jusqu’au :
- Mais au fusain, vous avez un indéniable talent.
Il s’est approché, l’a gentiment poussé avant de prendre du recul les yeux grands ouverts puis lentement plissés.
- Oui. Du talent. Et beaucoup de travail encore.
Il lui a posé la main sur l’épaule.
- Continuez dans cette voie. Dix pour cent d’inspiration et quatre-vingt-dix de travail.
Lui répétait-il. Il avait raison. L’art est exigeant mais il le vaut bien. Il a continué un peu, que du nu, avant le tourbillon de la vie.

Du coup, ce sont ses femmes qui l’habillaient, à commencer par sa petite sœur. Même s’il avait l’impression de passer un examen, il préférait ça à une journée de ridicule. Mais demander à ses femmes s’il était bien coordonné était quand même une rude épreuve qu’il se devait d’affronter tous ses matins sans faute depuis ses douze ans. Rien ne leur échappait. Et s’il oubliait, elles se chargeaient de vérifier quand il buvait son café. Il les comprenait, elles ne voulaient pas que leur homme ait l’air ridicule, mais ça l'agaçait :
- J’en ai marre. Je vais être en retard au boulot !
- Attends ! Tourne-toi ? Encore un tour. Ou peut-être la chemise ? Il y a un truc qui ne va pas. Fais voir tes chaussettes ? Bleu marine ? Avec un pantalon et des chaussures noires ? Ne bouge pas, j’y vais.
Il les avait vues noires.




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